SEMAINE 4 · JOUR 22

Adapter sa communication

Bien communiquer ne signifie pas parler de la même manière avec tout le monde. Un même message peut nécessiter plus ou moins de détails, un vocabulaire différent, davantage de contexte ou un autre canal. Aujourd’hui, vous allez apprendre à adapter la forme sans perdre le fond.

≈ 15 min 4 variables à ajuster 1 mission réelle
S’ADAPTER SANS SE DÉFORMER

Le même message ne fonctionne pas toujours de la même manière

Imaginez que vous deviez annoncer un retard de trois jours sur un projet. Vous pourriez transmettre exactement la même information à un collègue, à votre responsable ou à un client — mais probablement pas avec exactement les mêmes mots ni le même niveau de détail.

À UN COLLÈGUE IMPLIQUÉ « Le développement du module prend plus de temps que prévu. Il nous manque encore les tests sur deux fonctions. On devrait terminer jeudi plutôt que lundi. »
À UN CLIENT « La livraison nécessite trois jours supplémentaires afin de finaliser les vérifications. La nouvelle date prévue est jeudi. »

Le fait principal reste identique. Ce qui change, c’est l’information utile pour la personne qui reçoit le message.

Adapter sa communication, ce n’est pas modifier la réalité. C’est choisir la forme qui permet à l’autre de comprendre ce dont il a besoin.
LES 4 VARIABLES

Qu’est-ce qui peut être adapté ?

01 Le niveau de détail

Certaines personnes ont besoin du raisonnement complet. D’autres ont surtout besoin de la conclusion et des prochaines étapes.

02 Le vocabulaire

Un terme évident pour un spécialiste peut être incompréhensible pour quelqu’un qui découvre le sujet.

03 Le degré de directivité

Selon le contexte, vous pouvez informer, proposer, demander, négocier ou donner une instruction.

04 Le canal

Un message écrit, un appel ou une conversation en face à face ne conviennent pas aux mêmes situations.

EXERCICE 1

Un message, trois interlocuteurs

SITUATION

Vous avez analysé un problème technique qui ralentit un projet. Il faudra probablement une semaine supplémentaire pour le résoudre.

Vous devez maintenant transmettre cette information à trois personnes. Que changeriez-vous dans votre manière de présenter le message ?

À un collègue technique qui travaille avec vous

Vous pourriez donner davantage d’informations sur la cause du problème, les solutions déjà testées et les points qui restent à résoudre.

« Le ralentissement vient surtout de la synchronisation avec le module externe. Les deux premières solutions n’ont pas suffi. Il nous reste cette piste à tester et j’estime qu’il faut environ une semaine supplémentaire. »

À votre responsable

Le détail technique peut être moins important que l’impact, le nouveau délai et les décisions éventuelles à prendre.

« Le problème technique nécessite environ une semaine supplémentaire. Cela décale la livraison prévue. Nous pouvons soit conserver le périmètre actuel avec cette nouvelle date, soit revoir certaines fonctionnalités pour limiter le retard. »

À un client non spécialiste

Évitez de transformer l’explication en cours technique. Le client a surtout besoin de comprendre la conséquence et la suite.

« Nous avons identifié un problème qui nécessite une correction supplémentaire avant la livraison. Nous prévoyons environ une semaine de délai supplémentaire et vous confirmerons la nouvelle date demain. »
Adapter ne signifie pas cacher une information importante. Une simplification devient problématique lorsqu’elle empêche l’autre de prendre une décision qui le concerne.
VARIABLE 1

Combien de détails donner ?

Avant d’expliquer quelque chose, posez-vous trois questions.

1 Que sait déjà cette personne ?
2 Quelle décision doit-elle prendre ?
3 De quoi a-t-elle besoin pour la prendre ?
TROP PEU

L’autre ne comprend pas le problème ou ne dispose pas des informations nécessaires pour agir.

ADAPTÉ

L’autre comprend la situation, ses conséquences et ce qui est attendu de lui.

TROP

L’information essentielle disparaît dans des détails qui ne sont pas utiles à cet interlocuteur.

VARIABLE 2

Adapter son vocabulaire

Utiliser des mots simples n’est pas « parler moins intelligemment ». C’est éviter de demander à l’autre de décoder inutilement votre message.

VERSION SPÉCIALISTE

« Le taux de conversion a diminué à cause d’une hausse du CPC combinée à une baisse du CTR sur les campagnes génériques. »

VERSION POUR UN NON-SPÉCIALISTE

« Nos annonces coûtent plus cher et attirent proportionnellement moins de visiteurs qu’avant, ce qui réduit le nombre de ventes obtenues avec le même budget. »

VARIABLE 3

Informer, proposer, demander ou décider ?

Le degré de directivité dépend notamment de votre rôle, de la responsabilité de chacun, du temps disponible et de ce qui peut réellement être négocié.

INFORMER « La réunion commence à 9 h. »

L’information est déjà déterminée.

PROPOSER « Je propose qu’on commence à 9 h. »

Vous avancez une option qui peut être discutée.

DEMANDER « Est-ce que 9 h vous conviendrait ? »

La réponse de l’autre doit réellement pouvoir modifier la décision.

DONNER UNE CONSIGNE « Merci d’être présent à 9 h. »

Le cadre ou votre responsabilité permet de fixer cette modalité.

Une fausse question peut créer davantage de frustration qu’une consigne claire. Si quelque chose n’est réellement pas négociable, il peut être plus transparent de le présenter comme tel.
VARIABLE 4

Choisir le bon canal

Message écrit

Utile pour une information précise, une trace, des éléments à relire ou une communication qui ne nécessite pas beaucoup d’échanges immédiats.

Appel ou visio

Utile lorsque plusieurs questions doivent être résolues rapidement ou lorsque les allers-retours écrits deviennent trop nombreux.

Face à face

Peut être préférable pour certains sujets sensibles, complexes ou nécessitant une discussion approfondie.

Il n’existe pas de canal universellement supérieur. La distance, l’urgence, les habitudes de travail, l’accessibilité, la nécessité de conserver une trace et la nature du sujet peuvent changer le choix.
MISE EN PRATIQUE

Que modifieriez-vous en priorité ?

Situation 1. Vous devez expliquer un problème informatique à une personne qui n’a aucune connaissance technique.

Situation 2. Après six échanges d’e-mails, vous n’arrivez toujours pas à vous mettre d’accord sur une organisation assez complexe.

Situation 3. Une procédure de sécurité impose une action immédiate. Vous savez qu’il n’existe pas d’alternative à cette étape.

VOTRE COMMUNICATION

Dans quelles situations avez-vous besoin de vous adapter davantage ?

PRÉPAREZ UN VRAI MESSAGE

Adaptez un message que vous devez transmettre

LE TEST DES 4 QUESTIONS

Avant d’envoyer ou de parler

MISSION DU JOUR

Communiquez volontairement différemment

Choisissez aujourd’hui une communication réelle et adaptez consciemment au moins une de ces quatre variables.

01 Détails

Ajoutez ou retirez des informations selon le besoin réel.

02 Vocabulaire

Remplacez un terme technique ou ambigu par une formulation accessible.

03 Directivité

Clarifiez si vous informez, proposez, demandez ou donnez une consigne.

04 Canal

Changez de canal si celui que vous utilisez complique l’échange.

APRÈS LA MISSION

Qu’avez-vous observé ?

À RETENIR

Gardez le fond, ajustez la forme

1 Qui ?
2 Quel besoin ?
3 Quelle forme ?
4 Quel canal ?
« Je n’ai pas besoin de changer ce que je veux dire. Je peux changer la manière de le rendre compréhensible pour cette personne. »
FIN DU JOUR 22

Votre apprentissage du jour

Quel ajustement améliorerait le plus souvent votre communication : les détails, le vocabulaire, le degré de directivité ou le canal ?

Jour 22 terminé

Vous avez travaillé la capacité à conserver un message cohérent tout en adaptant sa forme à la personne et à la situation. Demain, vous appliquerez ces principes au contexte professionnel.

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PROGRESSION DU PROGRAMME 22 / 30 jours

Semaine 4 — Communiquer avec plus d’aisance