Préparer une conversation difficile
Certaines conversations deviennent difficiles avant même d’avoir commencé. On les repousse, on imagine les réactions de l’autre ou on prépare mentalement dix arguments différents. Aujourd’hui, vous allez préparer une conversation réelle pour savoir ce que vous voulez dire — et surtout pourquoi.
Une conversation difficile ne s’improvise pas toujours bien
Quand un sujet nous touche, nous pouvons arriver dans la conversation avec plusieurs objectifs mélangés : expliquer ce qui s’est passé, être compris, obtenir un changement, prouver que nous avons raison, exprimer notre colère ou empêcher l’autre de réagir négativement.
Le résultat est souvent un message beaucoup plus confus que prévu.
Quelle conversation devez-vous avoir ?
Choisissez une conversation réelle que vous devez avoir prochainement ou que vous repoussez depuis quelque temps.
Que voulez-vous obtenir de cette conversation ?
Ne cherchez pas encore ce que l’autre doit penser ou ressentir. Cherchez plutôt ce que cette conversation doit permettre.
Sur quoi pouvez-vous vous appuyer ?
Reprenez le réflexe travaillé au Jour 6. Notez ce qu’une caméra, un message, un document ou un observateur aurait pu constater, autant que possible.
Qu’est-ce qui compte vraiment pour vous ?
Vous n’avez probablement pas besoin de raconter tout l’historique. Essayez de formuler l’idée centrale que vous voulez transmettre.
Que voulez-vous demander concrètement ?
Une conversation difficile devient souvent plus constructive lorsque l’autre sait ce que vous souhaitez pour la suite.
Que pourriez-vous ne pas encore savoir ?
Préparer votre message ne signifie pas préparer uniquement vos arguments. L’autre personne peut disposer d’informations, de contraintes ou d’une interprétation que vous ne connaissez pas encore.
Et si l’autre réagit mal ?
Vous ne pouvez pas prévoir exactement la réaction de l’autre. Vous pouvez en revanche préparer votre propre réponse à quelques situations fréquentes.
Revenez aux éléments précis que vous connaissez et demandez-lui comment il comprend la situation.
Vérifiez que votre message n’est pas devenu une accusation générale et laissez-lui la possibilité d’expliquer son point de vue.
Vous pouvez reconnaître qu’un autre sujet mérite d’être discuté tout en revenant à celui que vous aviez commencé.
Utilisez les réflexes du Jour 19 : ralentir, revenir au problème et poser une limite si les conditions de l’échange deviennent inacceptables.
Préparez votre phrase d’ouverture
Vous n’avez pas besoin d’écrire toute la conversation. Préparer les premières phrases suffit souvent à éviter de commencer par une accusation ou par dix minutes d’explications.
« J’aimerais qu’on parle de… »
« Parce que… »
« J’aimerais qu’on trouve… »
Générez votre préparation
Votre fiche rassemble les éléments essentiels. Elle n’est pas destinée à être récitée mot pour mot : utilisez-la comme repère avant la conversation.
Préparez votre intention, pas les réponses de l’autre
- Votre objectif
- Les faits importants
- Votre message central
- Votre demande
- Quelques questions
- Vos limites éventuelles
- Les mots exacts de l’autre
- Son émotion
- Son accord immédiat
- Ses explications
- La durée exacte de la discussion
- L’issue parfaite
Votre vérification en 30 secondes
Ayez la conversation — si les conditions sont réunies
Si la situation s’y prête, utilisez votre préparation pour avoir la conversation que vous venez de travailler.
J’ouvre clairement la conversation.
Je reste sur les faits essentiels.
Je formule ma demande.
J’écoute ce que je n’avais pas prévu.
Si ce n’est pas le bon moment ou si vous ne pouvez pas avoir cette conversation aujourd’hui, la mission consiste à finaliser votre préparation et à identifier quand vous pourrez l’aborder.
Comment cela s’est-il passé ?
Préparez ce qui dépend de vous
Votre apprentissage du jour
Quelle partie de cette préparation vous semble la plus utile pour vos prochaines conversations difficiles ?
Jour 20 terminé
Vous disposez maintenant d’une méthode pour préparer une conversation difficile sans essayer d’en écrire toutes les réponses. Demain, vous ferez le point sur cette troisième semaine.
Continuer vers le Jour 21 →Semaine 3 — Faire face aux conversations difficiles
